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Des riverains incommodés par les odeurs de lisier, des habitants inquiets par la construction prochaine d’une grosse porcherie, qui n’a pas lu ce genre de nouvelles?

Alors que l’heure est au déploiement de grandes porcheries dans de nombreux pays, la problématique des odeurs constitue un défi et voir même un frein  à l’évolution de la filière porcine. Depuis quelques années, on accorde de plus en plus d’importance au problème des nuisances olfactives.

Qu’est-ce qu’une odeur ?

L’odeur est l’émanation de corps volatils perçus par l’organe de l’odorat. Elle est constituée de molécules dont la composition chimique caractérise  les propriétés odorantes. L’intensité d’une odeur dépend de la concentration en molécules odorantes dans l’air respiré et s’exprime en ppm (parties par million).  La perception de ces effluves diffère en fonction de leur concentration et de certaines conditions environnementales (vent, humidité, température). La durée de la perception des odeurs portées par l’air dépend donc de ces paramètres. Ainsi le vent soufflant dans une même direction portera en continu certaines odeurs comme celle du lisier épandu. La sensation agréable ou désagréable varie selon les personnes, mais certaines odeurs sont  universellement perçues comme  nauséabondes. Le lisier entre dans cette catégorie. Notons qu’en moyenne un être humain respire quelques 12 m3 par jour, et qu’au delà du phénomène d’habituation, la faculté à s’habituer à une odeur et à ne plus la percevoir, certaines odeurs sont persistantes et demeurent incommodantes dans le temps. Le lisier entre dans cette catégorie.

L’odeur du lisier

En 2002 une étude a été effectuée au Québec (Groeneveld et Hébert, 2002) afin de déterminer comment étaient perçues les odeurs de MRF (matières résiduelles fertilisantes) selon une échelle allant de 0 à10,  10 étant l’odeur la plus désagréable. La cote d’odeur pour le lisier de porcs à l’engraissement fut déterminée à 8 sur 10, alors que le fumier solide de bovins affichait une cote de 4 sur 10.

L’odeur du lisier est la résultante d’une décomposition anaérobique. Les sources principales, dans le domaine porcin sont :

La porcherie, le bâtiment d’élevage, la fosse à lisier (entreposage) et l’épandage.

Le lisier a toujours eu la même l’odeur, cependant avec le temps,  la production porcine a évolué, allant de la petite exploitation à des sites regroupant un nombre important d’animaux  et à des concentrations croissantes de lisier dans des fosses de grandes dimensions.

Comment contrôler, atténuer  les odeurs de lisier

Les odeurs émanant de trois sources principales ;  bâtiment d’élevage,  fosse, épandage, différentes solutions spécifiques à la source de ces odeurs ont été développées.

 Voici un résumé des principales techniques de réduction des odeurs.

Odeurs de la porcherie

Technique de filtration. On filtre l’air pour éliminer les poussières qui véhiculent les odeurs. La réduction peut, selon le type de filtre appliqué, être importante : de 50 à 90 %.

Litière. La litière utilisée comprend des enzymes qui compostent en continu litière et déjections. La méthode peut cependant s’avérer coûteuse.

Alimentation. Le principe repose sur l’ajout d’additifs alimentaires, tels que huile de citron, extraits de varechs,  qui permettent une meilleure digestion et  ainsi une réduction des odeurs.

Désodorisation de l’air. Cette opération consiste à utiliser des ‘masques olfactifs’ (certaines huiles par exemples) pour réduire l’intensité des odeurs.

Odeurs provenant de la fosse à lisier

Gestion des décharges de lisier : cette technique  consiste à répartir  l’apport en lisier dans la fosse par petites quantités régulièrement, plutôt que des apports massifs.

Aération, une technique de traitement biologique  efficace, basée sur un apport en oxygène et brassage, mais peu utilisée au regard de son coût

Filtration, l’objectif est de réduire la proportion en solides pour diminuer la DB0 (demande biochimique en oxygène). Cependant cette méthode qui se rapproche de la séparation liquide-solide nécessite une infrastructure importante (aérateur, filtre à solides)

Désodorisation biologique anaérobique. On ajoute des cultures de bactéries et ou enzymes pour réaliser une digestion biochimique visant à éliminer les odeurs. Selon diverses sources cette méthode serait peu probante.

Méthanisation. La production de méthane via un digesteur anaérobique réduit les odeurs. Cependant les odeurs peuvent persister à l’épandage du digestat. Pour optimiser la production de méthane et en réduire les coûts il convient, dans le cas du lisier de porc de procéder tout d’abord à une séparation liquide-solide

Masqueurs d’odeurs. On utilise des huiles aromatiques qui camouflent en partie les odeurs. Le coût est généralement élevé.

Désodorisants chimiques. Peroxyde, permanganate de potassium sont parmi ces agents oxydants qui réduisent les odeurs.

Couvrir la fosse  par barrière flottante ou bien en déployant  une  couverture de la fosse

Odeurs  liées à l’épandage

Il semble que la méthode d’injection dans le sol soit la plus efficace en termes de contrôles des odeurs.  Elle ne peut cependant pas s’appliquer à toutes les cultures et dans certains cas la nature des sols ne permet pas cette technique.

Une solution qui combine  réduction des odeurs et économie

Les solutions citées ci-dessus présentent des avantages en termes de limitations d’odeurs, mais dans la plupart des cas les problématiques liées à la gestion du lisier demeurent :

  • Frais d’opération liés à l’épandage et
  • Risques environnementaux

Solugen propose une solution qui combine :

  • Contrôle des odeurs : 90 à 95 % des odeurs liées à l’entreposage et à l’épandage sont éliminées
  • Limitation des risques environnementaux : le lisier est traité en continu pour extraire la fraction solide, 84 % d’eau pure et des fertilisants  sous forme liquide. L’eau pure peut-être réutilisée,  la gestion du phosphore est optimisée car 85 % du phosphoré du lisier se retrouve dans la partie solide qui ne représente plus que 10 % du volume initial de lisier, et réduction drastique des gaz à effet de serre.
  • Création d’une économie circulaire ; pour des fermes qui génèrent au minimum 10000 m3 de lisier par an les frais d’opération sont généralement inférieurs à ceux de la gestion conventionnelle du lisiers et les engrais liquides valorisés ont une valeur marchande.

Sources:

http://www.environnement.gouv.qc.ca/matieres/mat_res/Article/article.htm

https://www.agrireseau.net/porc/Documents/ATContr%C3%B4leOdeurs.PDF

 https://eap.mcgill.ca/agrobio/ab370-05.htm

 

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