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Les gaz de lisier. Risques et précautions

Les gaz de lisier

Le lisier comme toute matière organique qui fermente, produit différents gaz. Le gaz toxiques libérés lors de la fermentation du lisier sont ; le sulfure d’hydrogène, l’ammoniac,  et dioxyde de carbone, et le méthane.

Lorsque le lisier est brassé dans des espaces restreints  (préfosse, citerne d’épandage) les gaz libérés peuvent rapidement atteindre des concentrations nocives voire mortelles. Dès qu’on remue le lisier par exemple, en se déplaçant dans la couche qui subsiste dans la préfosse il se dégage des gaz de fermentation, dont l’ammoniac, le méthane, le dioxyde de carbone et, surtout, le sulfure d’hydrogène (H2S), neurotoxique et potentiellement mortel.

Le dioxyde de carbone et le sulfure d’hydrogène étant plus lourds que l’air restent en stagnation près de la surface du lisier, mais la moindre agitation, par exemple une personne marchant dans la couche résiduelle de lisier au fond d’une préfosse, activera leur émanation dans l’espace ambiant.Comme le sulfure d’hydrogène demeure lié aux particules de fumier et qu’il ne libère pas de bulles comme les autres gaz, ce n’est qu’au moment du brassage qu’il est libéré en grandes quantités.

La majorité des accidents surviennent dans des endroits clos de volume restreint où l’aération est insuffisante: pré fosse,  réservoir d’évacuateur souterrain,  fosse, citerne d’épandage ou dans tout autre espace clos du même genre.

Les retours de gaz de lisier  acheminés par les conduits d’évacuation reliant le bâtiment à la pré fosse  sont également la cause potentielle d’intoxications. Le pompage, et le  brassage du lisier et des vents contraires contribuent à l’augmentation des retours de gaz.

Il arrive fréquemment qu’un accident d’intoxication aux gaz de lisier fasse plus d’une victime. Dans 40 % des cas, au Québec, la ou les victimes secondaires portaient assistance à la première personne intoxiquée.

Les gaz responsables

Le sulfure d’hydrogène (H2S)*

Gaz extrêmement dangereux, il est responsable de la plupart des accidents d’intoxication dans les exploitations agricoles du Québec. A certains niveaux de concentration il devient inodore, entraine une perte d’odorat et de conscience. Le sulfure d’hydrogène est absorbé rapidement par les voies respiratoires. Chez l’ être humain, l’inhalation de concentrations létales produit des effets dans un intervalle pouvant varier de quelques secondes à quelques minutes.

L’ammoniac (NH3)

Son odeur  acre et piquante très caractéristique permet d’identifier sa présence très rapidement. Gaz léger on le trouve dans les parties supérieures des locaux. Une bonne ventilation permet de le libérer rapidement. Les intoxications graves à ce gaz sont peu probables étant donné que son odeur irritante sert d’alarme.

Le dioxyde de carbone (CO2)*

Tous les organismes vivants, y compris les bactéries présentes dans le lisier et le fumier, produisent du dioxyde de carbone. Inodore et plus lourd que l’air, ce gaz se retrouve surtout à la surface du lisier. À certaines concentrations, le dioxyde de carbone peut déplacer l’oxygène de l’air, privant ainsi le corps d’oxygène, ce qui peut causer une perte de conscience. Le dioxyde de carbone agit également comme un puissant dépresseur du système nerveux central. Une concentration de moins de 6 % d’oxygène peut entraîner la mort rapidement.

* Également appelé anhydride carbonique, gaz carbonique ou bioxyde de carbone.

Le méthane (CH4)

Le méthane est le principal gaz combustible produit par les micro-organismes actifs dans le lisier entreposé. Inodore et plus léger que l’air, ce gaz les  hauteurs des locaux. Tout comme le dioxyde de carbone, ce gaz prend la place de l’oxygène de l’air et affecte l’organisme de la même façon que le dioxyde carbone.

Les précautions

Une  formation de l’éleveur et de ses employés aux dangers de ces gaz est recommandée ainsi que l’instauration de certaines procédures de sécurité :

Avant de pénétrer dans l’espace clos :

  • Avoir un surveillant à proximité
  • Disposer d’un moyen de contacter sur place les secours en cas de nécessité
  • Préparer l’espace avant d’y pénétrer (ventilation en continu, enlèvement tant que possible du lisier résiduel)
  • Disposer d’un équipement de protection
  • Etre équipé d’un harnais de sécurité pour une évacuation rapide des lieux

Afin de réduire les risques d’intoxication les dangers, une installation sécuritaire respectant le Code canadien de construction du bâtiment agricole prévoira :

  • un bon système de ventilation comprenant un type de ventilation par extraction basse permettant la récupération des gaz à la source;
  • des équipements de pompage et d’agitation que l’on peut retirer des structures d’entreposage sans avoir à y entrer ;
  • des structures d’entreposage dont le plancher comprend une dépression per- mettant de les vider complètement, sans laisser de résidus de lisier ou de fumier ;
  • des systèmes de verrouillages des sources d’énergie et des conduits d’arrivée du lisier ;
  • des mécanismes de protection contre les retours de gaz de lisier et de fumier dans les bâtiments;
  • des garde-corps, couvercles ou autre mécanisme de protection contre les chutes dans les structures d’entreposage ;
  • une signalétique indiquant la présence de gaz mortels et mentionnant les précautions à prendre.

Sources:

https://www.preventionautravail.com/reportages/497-le-lisier-peut-tuer-vite-et-sournoisement.html

http://www.cipq.com/documents/Lesgaztoxiquesetautresrisquesdaccidentsenproductionporcine.pdf

https://www.csst.qc.ca/prevention/theme/prefosses_lisier/Pages/prefosses_lisier.aspx

https://www.agrireseau.net/porc/documents/securite.pdf

http://archives.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/prod-porcine/documents/FULI15.pdf

https://www.canr.msu.edu/news/the-dangers-of-manure-gas-and-strategies-for-mitigation

https://www.santesecurite.upa.qc.ca/wp-content/uploads/2020/02/Le-c%C3%B4t%C3%A9-cach%C3%A9-des-gaz-en-agriculture-Chantal-Bonneau.pdf

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